
Telle David devant Goliath, je suis intimidée par l’immensité des attentes de la société envers ma petite personne, âgée de seulement 22 ans. Elles ne sont pas juste lourdes ces normes. Elles se contredisent.
Premièrement, vis-à-vis de mon âge. Je n’ai que 22 ans (moins 5 jours à l’heure actuelle). Selon les normes en vigueur dans la société occidentale, je suis toujours à l’âge de l’heureuse insouciance, l’âge Tanguy, libre de réelles responsabilités et attaches. Je suis censée quitter ma vie sur une base régulière pour voguer d’aventure en aventure à travers le monde, avec comme seul attache un sac à dos et mon blogue de voyage. Je devrais aussi avoir un foie en acier et une tolérance au manque de sommeil en béton et dire adieu à la lumière du soleil, car je devrais sortir très souvent, me saouler la gueule et me lever après le crépuscule. Il est bien entendu hors de question, que je soie mariée et/ou mère d’enfants et/ou endettée d’une hypothèque, car je gâcherais une étape essentielle à mon développement épanoui.
Deuxièmement, vis à vis de mon niveau d’études. Je suis en bonne voie de compléter une maîtrise en gestion des ressources humaines et travaille dans une firme de consultation en GRH. Avec ma diplômation imminente (si on constate que les 17 dernières années de ma vie ont été consacrées aux études), il est attendu de moi que je soie bien installée, avec de bonnes perspectives d’emploi. Qu’un employeur de choix vienne me cueillir toute fraiche sortie de ma collation de grades, que je prenne une assurance-vie et que je débute ma cotisation aux RÉER, si ce n’est pas de préparer un premier testament. Un investissement dans l’immobilier est considéré socialement comme un bon choix et c’est déjà l’heure de penser aux possibilités de congés maternité.
Troisièmement, vis-à-vis de ma génération. Nous vivons actuellement dans une société sur le bord d’une crise de pénurie de travailleurs. 70% des gens en emplois sont actuellement en démarches plus ou moins active de changer d’emploi. Les taux de roulement atteignent de sommets jamais égalés et les employeurs pleurent devant les frais de recrutement et de sélection. Il est donc entendu que je dois garder une bonne employabilité et toujours rester attentive aux opportunités de nouveaux emplois, même si je suis bien où je suis. La loyauté n’est plus à la mode.
Finalement, vis-à-vis du couple. Avec le courant des relations kleenex, il est de moins en moins fréquent de voir des couples se battre pour leur relation. Aux premières lueurs de mésentente, il est bien plus facile de se débarrasser de l’Autre, que de rester et travailler sur les difficultés vécues. L’industrie du divertissement ne montre généralement que des happy endings, alors que le vrai film se déroule bien après le générique. À l’image des femmes éplorées représentées dans le cinéma hollywoodien, je devrais collectionner des idylles aussi brèves que catastrophiques jusqu’à ma crise existentielle du mitan.
Ce n’est pas étonnant que l’Empire américain soit sur le déclin et que la Chine soit en pleine ascension, considérant la grande importance que cette société accorde aux libertés individuelles…
Premièrement, vis-à-vis de mon âge. Je n’ai que 22 ans (moins 5 jours à l’heure actuelle). Selon les normes en vigueur dans la société occidentale, je suis toujours à l’âge de l’heureuse insouciance, l’âge Tanguy, libre de réelles responsabilités et attaches. Je suis censée quitter ma vie sur une base régulière pour voguer d’aventure en aventure à travers le monde, avec comme seul attache un sac à dos et mon blogue de voyage. Je devrais aussi avoir un foie en acier et une tolérance au manque de sommeil en béton et dire adieu à la lumière du soleil, car je devrais sortir très souvent, me saouler la gueule et me lever après le crépuscule. Il est bien entendu hors de question, que je soie mariée et/ou mère d’enfants et/ou endettée d’une hypothèque, car je gâcherais une étape essentielle à mon développement épanoui.
Deuxièmement, vis à vis de mon niveau d’études. Je suis en bonne voie de compléter une maîtrise en gestion des ressources humaines et travaille dans une firme de consultation en GRH. Avec ma diplômation imminente (si on constate que les 17 dernières années de ma vie ont été consacrées aux études), il est attendu de moi que je soie bien installée, avec de bonnes perspectives d’emploi. Qu’un employeur de choix vienne me cueillir toute fraiche sortie de ma collation de grades, que je prenne une assurance-vie et que je débute ma cotisation aux RÉER, si ce n’est pas de préparer un premier testament. Un investissement dans l’immobilier est considéré socialement comme un bon choix et c’est déjà l’heure de penser aux possibilités de congés maternité.
Troisièmement, vis-à-vis de ma génération. Nous vivons actuellement dans une société sur le bord d’une crise de pénurie de travailleurs. 70% des gens en emplois sont actuellement en démarches plus ou moins active de changer d’emploi. Les taux de roulement atteignent de sommets jamais égalés et les employeurs pleurent devant les frais de recrutement et de sélection. Il est donc entendu que je dois garder une bonne employabilité et toujours rester attentive aux opportunités de nouveaux emplois, même si je suis bien où je suis. La loyauté n’est plus à la mode.
Finalement, vis-à-vis du couple. Avec le courant des relations kleenex, il est de moins en moins fréquent de voir des couples se battre pour leur relation. Aux premières lueurs de mésentente, il est bien plus facile de se débarrasser de l’Autre, que de rester et travailler sur les difficultés vécues. L’industrie du divertissement ne montre généralement que des happy endings, alors que le vrai film se déroule bien après le générique. À l’image des femmes éplorées représentées dans le cinéma hollywoodien, je devrais collectionner des idylles aussi brèves que catastrophiques jusqu’à ma crise existentielle du mitan.
Ce n’est pas étonnant que l’Empire américain soit sur le déclin et que la Chine soit en pleine ascension, considérant la grande importance que cette société accorde aux libertés individuelles…
3 commentaires:
Belle réflexion, j'aime :)
Je seconde.
J'aime.
Merci, merci :)
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