
Dès notre naissance, nous étions liées.
Alors que nous n’étions que toutes petites, déjà, une multitude de lettres nous nous écrivions. Au travers des moments où nous nous retrouvions, dans la maison d’antan, abus de sucres à la crème, cachotteries et moments de douce folie.
Des mondes d’enfants, des lettres colorées, des mots tout simples pour nous communiquer nos réalités malgré la distance qui nous séparait. Un sourire, une joie éclatante toute simple quand nous recevions la réponse de l’autre, et rapidement, l’empressement de réciproquer, de sceller l’enveloppe, poser le timbre, déposer le tout dans la grosse boîte rouge.
Puis, nous avons grandi. Des femmes en devenir, encore pleines d’innocence et de naïveté. Les mots se sont mis à changer aussi, pour mieux correspondre à nos réalités, à nos conflits intérieurs, à nos prises de conscience quant à nos avenirs, nos identités. Cependant, la confiance elle, ne changea jamais, ne devenant que de plus en plus solide au fur et à mesure des lettres, et des confidences qui y étaient liées.
Le Grand Départ, nous l’avons vécues ensembles. Chacune dans nos mondes, nous étions connectées, via notre café, tôt le matin. Moments précieux, dévoilements de soi avant l’aube, doux réconfort. Les grands bouleversements, les joies, les larmes, les rencontres, les ruptures, les peurs, les confusions, les moments de retrait, de solitude. Les fils de nos vies, dans la Grande Tapisserie, sont étroitement liés, et bien souvent, les coïncidences et les ressemblances qui s’y retrouvent nous laissent muettes d’étonnement. Mais toujours, les bons mots, pour soi, et pour l’Autre.
Bien souvent, nous connaissons l’Autre encore mieux que nous nous connaissons nous-mêmes. Et dans nos moments de doute, de peur, de petites et grandes joies, de malheurs de toutes grandeurs, nous savons que l’Autre est là, dans ce moment sacré, là où est la nuit est la plus sombre, juste avant que le soleil ne se lève.
Tu es si importante dans ma vie.
Merci.
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