La nature humaine m’intrigue.
J’observe beaucoup les gens. Dans l’autobus, sur la rue, dans les magasins, dans mes cours. Et depuis quelques années, j’ai remarqué une catégorie particulière d’individus :
Les gens éteints.
Vous pouvez les observer un peu partout. Ils sont parmi vous et autour de vous. Il y en a très certainement dans vos familles et vos amis. Ils font partie intégrante de notre Univers urbain.
Généralement, je les observe dans l’autobus. J’ai calculé que depuis mon arrivée dans la Capitale Nationale, si on met bout à bout toutes les heures que j’ai passées dans le transport en commun, j’en arrive au fait que j’ai passé au moins 2 à 3 mois de ma vie assise sur ces sièges bleus. Cela donne beaucoup de temps pour regarder, mais surtout voir, le comportement des autres.
Vous savez, cette lumière que nous avons dans les yeux, cette parcelle d’énergie qui nous rend unique et vivants ? Certaines personnes semblent l’avoir égarée. Ils ont le regard éteint, les yeux absents. Ils vont et viennent dans leur existence sans vraiment avoir conscience de leur destination. Ils ne semblent ni heureux, ni particulièrement malheureux. Ils ne prennent généralement pas particulièrement soin de leur apparence, sans pour autant avoir l’air de vagabonds. Je tiens à spécifier ici que j’ai observé des vagabonds au regard très vivace, ainsi que des hommes en complet-cravate au regard complètement perdu.
Ce sont des gens gris.
Je les vois, et je me demande ce qu’il a bien pu se passer. Est-ce qu’on perd notre lumière à la suite d’un drame, ou encore est-ce que c’est un feu qui s’éteint petit à petit, jour après jour, jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien ? Parce que bien des changements se passent ainsi, de façon si graduelle et subtile que l’on ne se rend compte de l’impact que lorsqu’il est trop tard pour revenir en arrière.
Je me demande aussi s’il est possible de retrouver notre lumière. Si ces personnes, confrontées à l’évidence qu’ils sont éteints, peuvent se mobiliser pour redevenir des personnes lumineuses.
Je me demande aussi si ces personnes sont un sous-produit de notre culture occidentale de sur-consommation et de société de loisirs. Et que si jamais un désastre survenait, que ces personnes seraient totalement démunies, car dépourvues de cette force, de cette énergie qui nous pousse à survivre. Ou encore si ce ne serait la seule chose qui pourrait les sortir de cette léthargie.
Bref.
Réveillez vous.
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